L'Orne


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Caractéristiques

L'Orne

L
'Orne, comme le Var est un transport-écuries à hélice de type Ardèche construit par les chantiers de Bordeaux, chez Bichon à Lormont. Il appareille de cette ville en février 1863 et, après une escale à Rochefort, va sur Brest où son armement est achevé le 20 mars 1863. Il sera démoli en 1891. Ce type de navire était un trois-mâts barque, spécialement conçu pour le transport des chevaux sur les théâtres d'opération, dessiné par Guesnet selon les plans du Calvados, qui pouvait recevoir 400 passagers et 360 chevaux ou mulets. Chaque animal disposait de 60 cm de largeur dans un des deux faux-ponts affectés au transport. Les dimensions du bâtiment étaient de 80m33 x 13m00 x 4m77, le jaugeage de 3479 tonneaux, pour une vitesse maximum de 9,42 nœuds. La propulsion s'effectuait au moyen de 2 machines à vapeur de 230 ou 280 chn, soit 980 chevaux nécessitant 200 tonnes de charbon, et une voilure de 3140 m². L'armement était en principe de 4 obusiers de 30. Enfin l'équipage était de 212 à 215 officiers et hommes d'équipage.

Historique

L'Orne, nous l'avons vu plus haut appareille en février 1863 de Bordeaux et, après une escale à Rochefort, se dirige sur Brest. Le 20 mars 1863, son armement étant terminé, l'Orne quitte Brest pour Saïgon, afin d'assurer la ligne postale Saïgon-Suez. Puis, le 5 décembre 1863, il appareille de l'île de la Réunion en direction de Singapour. En avril, juillet et décembre 1864, il effectue des voyages entre Saïgon et la Chine, et le 6 décembre 1864, le navire appareille de Saïgon vers Suez.
Le 12 avril 1866, l'Orne effectue un nouveau voyage de Saïgon vers Suez avec 800 passagers. Puis on le retrouve le 23 janvier 1868 pour une escale à Pointe de Galles (Ceylan), en route pour Saïgon, sous les ordres du capitaine de frégate Bertin.
Le 19 juillet 1868, alors que le navire se trouve en mer, par 6 degrés 57 minutes de latitude sud, et 100 degrés 20 minutes de longitude est, soit environ 750 kilomètres de Jakarta (voir carte), il est procédé au constat du décès de Julien Napoléon Hiénard, soldat au 3ème régiment d'Infanterie de Marine. Il était né le 27 janvier 1844 à Monthurel (02), fils de Napoléon César Martial et d'Alexandrine Fleury. Avant son embarquement il était domicilié à Paris. Il était enregistré comme passager sur le rôle dé équipage de l'Orne. L'heure du décès est 14h15, sans précision de ce qui occasionna cette mort, dont l'acte est transcrit le 4 mars 1869 sur les registres de l'état-civil de la commune de Monthurel.
Enfin le 18 novembre de cette même année, l'Orne appareille une dernière fois de Saïgon pour la France, après 5 ans de service dans la division navale de Cochinchine.
Le 16 février 1869, notre bateau arrive à l'île d'Aix, en provenance du Sénégal. De début 1871 à octobre 1872, il fait office de navire-prison à l'île d'Aix, avant de revenir à Brest le 7 janvier 1873. Il avait en éffet été affecté le 2 janvier au transport des déportés. Il quittera Brest le 15 janvier de la même année pour effectuer le 5ème convoi de déportés vers la Nouvelle-Calédonie.
En 1874, l'Orne effectue un transport de forçats vers la Nouvelle-Calédonie. Le navire quitte en effet Brest le 4 mars 1874, sous les ordres d'Alexandre Kermorgant, en direction de l'île d'Aix où il embarque 260 condamnés à destination du bagne de Nouvelle-Calédonie. Le 12 août il est à Nouméa, puisqu'il prend en charge, le matin, 155 déportés qui étaient arrivés par l'Alceste, pour les débarquer le soir même à l'île des Pins.
En 1875, l'Orne effectuera le transfert du 14ème convoi de déportés, quittant Brest le 1er juin, pour arriver à Nouméa le 22 septembre.
Par la suite, on retrouve l'Orne en février 1881, époque à laquelle il appareille de Toulon, en direction de Dakar, puis de Sousse, puis le 16 juillet 1881, il participe à la prise de Sfax.
Le 15 septembre 1882, il appareille de nouveau de Toulon, mais cette fois-ci pour Cayenne, la Martinique et la Guadeloupe. Du 15 au 21 octobre 1882 l'Orne débarque des forçats à Cayenne et embarque 150 soldats pour leur retour en France. Du 26 octobre au 6 novembre il fait escale à la Martinique, puis le 7 novembre 1882, il  débarque des disciplinaires provenant de France aux îles Saintes, avant de se mettre au mouillage devant Basse-Terre.
Il faudra attendre 1889 pour revoir l'Orne, où il appareille de Toulon le 20 janvier en direction de Cayenne, où il arrive le 24 février. Puis le 12 octobre 1889, il effectue un voyage à Madagascar et a La Réunion.
Le 20 novembre 1890, l'Orne retourne sur Rochefort, où il est désarmé, avant d'être démoli en 1891.      

                                    
l'Orne

5ème convoi de déportés 

L'Orne, qui a servi de ponton-prison à Rochefort comme nous l'avons vu plus haut, a été amménagé pour recevoir les déportés. La batterie haute était composée de 2 cages, l'une à tribord pour 100 déportés et l'une à babord pour 80 déportés, respectivement de 199 et 144 mètres cubes, et siutées entre le poste d'équipage à l'avant et le carré des officiers à l'arrière du navire. La batterie basse est composée de deux grandes cages, de 252 et 200 mètres cubes, contenant 200 prisonniers à tribord, et cent soixante à babord. Il fallut en plus aménager une cage spéciale pour recevoir les prisonnières.
L'Orne est  à cette époque sous les ordres du capitaine de frégate Vignancourt, secondé par le lieutenant de vaisseau Le Gigant, avec un personnel composé de sept enseignes de vaisseau, un commissaire officier d'administration, un chirurgien major en la personne du major Cornivet, un médecin en second, en la personne de Nicolas-Paul Aymé, et un aumônier pour l'état-major, auxquels s'ajoute un maître de manœuvre, un maître mécanicien, un capitaine d'armes et onze seconds-maîtres pour la maistrance, et quatorze quartiers-maîtres, cent trente huit matelots, vingt-six apprentis-marins, et un clairon pour l'équipage. Ceci nous donne un total de 205 membres d'équipage au total.
Lors de ses escales à Rochefort et Brest, le navire embarque quinze émigrants, vingt femmes, dont huit épouses de gardiens et 29 enfants, au titre des passagers libres. Embarquent en plus de ces derniers, deux religieuses de l'ordre de Saint-Joseph-de-Cluny destinées à la surveillance des pénitenciers féminins, dix-neuf surveillants de l'Administration Pénitentiaire, ainsi que soixante treize artilleurs rejoignant leur poste en Nouvelle-Calédonie ou à Tahiti.

Le 1er janvier 1873, 207 déportés en provenance de Saint-Martin-de-Ré prennent place à bord des canots à destination de La Comète, aviso assurant le transfert entre les forts et les navires depuis le début de la déportation. La mer étant trop mauvaise, ils passent la nuit à bord de La Comète et embarque à bord de l'Orne le 2 janvier. Ils y retrouvent des prisonniers, à bord depuis fin novembre 1872, et provenant  du fort des Samonards pour 61 d'entre eux, et du château d'Oléron pour 54 d'entre eux. Le 3 janvier, le navire quitte l'île d'Aix en direction de Quiberon, où il arrive le 4. Le 5 janvier, le commandant passe en revue les déportés, parmi lesquels circulent les bruits les plus fous, dont celui que la population de Brest se serait soulevée et voudrait délivrer les prisonniers. Une réparation effectuée sur ses bidons à eau, l'Orne repart de Quiberon pour Brest, port où il mouille en rade le 7, avant de venir s'amarrer à un "corps mort" en face de l'ancien bagne. Quelques lettres sont distribuées et les "bruits de coursives" reprennent, annonçant l'amnistie pour dans 15 jours.
Tous les matins, l'aide-major procède à une visite sanitaire, faisant procéder à un arrachage de dents qui va prendre des proportions considérables. Le préfet Maritime effectue une visite aux déportés à bord, acceptant de débloquer certaines sommes sur les comptes personnels des déportés afin qu'ils puissent faire quelques achats dans les boutiques que des cantinières, puis des marchandes, vont installer sur le pont. Pendant la nuit un prisonnier tente de se suicider par pendaison. Les gardiens deviennent de plus en plus nerveux et menacent tout le monde de les mettre "aux fers". Le 9 janvier, alors que du savon pour laver le linge est distribué, les bruits continuent à courir, annonçant le désarment du navire et le placement des déportés aux îles Sainte Marguerite en attente d'un nouveau bâtiment. La tension à bord monte encore d'un cran, et les gardiens sont alors autorisés à utiliser leurs armes pour ramener au calme les excités. Le 10 du charbon est embarqué et une nouvelle brigade de gardiens arrive en renfort. Ces derniers, provenant du bagne de Toulon, n'ont pas pour réputation d'être des tendres ! Le prisonnier qui avait tenté de se pendre est devenu fou, et un matelot qui manifestait un peu trop sa sympathie envers les Communards est expédié "aux fers" à fond de cale.
Le 11 janvier on embarque 24 femmes, destinées au pénitencier de Bourail, condamnées "de droit commun", parmi lesquelles se trouve la "bagnarde" de la Commune Adèle Rogissart. Elles non plus ne sont pas des anges, puisque l'une d'entre elles a été jugée aux Assises pour infanticide. Au cours de la nuit, une femme de gardien se croyant agressée ameute tout le monde en criant "au secours" ! Le 12 janvier, par beau temps, les marchandes montent à bord, et la plupart des déportés se plaignent de leurs pratiques commerciales.
Le 13 janvier l'Orne se trouve sous le fort de Quélern et embarque 218 condamnés supplémentaires la lendemain. Parmi eux se trouve Théodore Ozeré. Condamné le 13 juin 1872 par le 6ème conseil de Guerre à la déportation simple, qui embarque donc le 14 janvier 1873. Libre-penseur et révolutionnaire, ainsi qualifié dans son dossier de demande de grâce, il laissera un témoignage peu exploité, par le biais des lettres qu'il adressa à sa femme et ses filles (Carnets et lettres d'un déporté de la Commune à l'île des Pin, 1871-1879, par Théophile Ozeré, Publications de la Société d'etudes Historiques de Nouvelle-Calédonie n° 50, 1993). Pendant le transfert du fort de Quélern sur l'Orne, à bord d'une canonière, il témoigne ainsi : "Le cri de Vive la Commune ! fut poussé d'une voix unanime. Ce cri fut notre adieu à la France, l'écho le répétera sans doute pour ceux qui ne reviendront pas... Arrivés près de l'Orne, vu, pard des sabords grillés, des camarades de Rochefort...; saluts amicaux. Montée sur le pont et appel nominal avec descente dans la batterie basse par plats, c'est à dire par dix. Installation par tribord de la batterie".
Le nombre des prisonniers embarqués se monte maintenant à 540. Le 15 janvier les dernières lettres sont expédiées. Le 16 janvier 1873, à 10h00, le foc et la trinquette sont hissés et à 10h30 précises l'Orne passe le goulet, commençant le "grand voyage".
Parmi les 540 déportés de ce cinquième convoi, il y avait un certain Achille Ballière qui, dans ses souvenirs a noté au jour le jour les événements et la vie à bord, relevant tous les points effectués par les officiers de quart. Bien que comportant des erreurs, ce récit permet de se faire une idée assez précise de la vie des déportés lors de ce voyage. (Achille Ballière, Souvenirs d'un évadé de Nouméa, Editions Charpentier et Cie, Paris 1889).

Itinéraire suivi par l'Orne

Le 16 janvier, le navire navigue par le travers de Belle-Île. Le repas du soir des prisonniers est composé de haricots à moitié crus baignant dans de l'eau froide. Les femmes condamnées ont été malades lors de leur promenade sur le pont et les religieuses assurant leur surveillance ne valent pas mieux. Le 17, le bâtiment se trouve à peu près à la hauteur de Bordeaux. Le passage du golfe de Gascogne se fait par gros temps, ce qui n'arrange pas les estomacs. Bien que les sabords soient fermés, ils ne sont pas étanche et l'eau rentrée aussi par les manches à air. Pendant la promenade les officier autorisent les jeux malgré l'opposition des gardiens. Le bateau fille onze nœuds et, comme la machine est en marche, il fait 35° dans la batterie basse. Le 18 la mer est calme, mais les sabords restent fermés. La chaleur et le manque de lumière incommodent les prisonniers dont l'un s'est fait écraser les doigts par la fermeture trop brutale d'une porte par un gardien, et les bêtes embarquées, les flancs et les pattes déchirées par les chutes font peine à voir. Le 19 janvier l'Orne est à la hauteur de Porto et un bœuf qui a eu les pattes cassées doit être abattu. Le lendemain le navire passe à hauteur de Lisbonne, car depuis 30 jours la vitesse est tombée à un nœud et demi. Le déporté Pain fait une grave chute en raison de la mauvaise mer. Le 21 les prisonnières quittent leur costume de bure, devenant presque élégantes. Par la suite elles attireront les foudres du commandant par leur comportement et les scandales qu'elles provoqueront. Deux surveillants sont mis 'aux fers" pour inconduite, et huit sont privés de vin. Le 23 le navire est à hauteur de l'île de Madère, et la cheminée étant rentrée, il navigue à la voile. Mais le vent tombe et la machine doit être remise en route. Un surveillant est atteint de la gale et la garde se relâche. Les sentinelles n'ayant plus de chassepot, les marins doivent se tenir devant les grilles, sabre au fourreau.
Le 24 janvier, alors que l'on se trouve à hauteur de l'embouchure du Tennsift au Maroc, il faut abattre les bœufs blessés. Des déportés chantent, ce qui n'est pas du goût des surveillants, mais l'officier de service lui rétorque que s'il ne veut pas entendre les chants dans les batteries, il peut se contenter d'écouter l'air ! Des correspondances sentimentales clandestines sont échangées entre les déportés et les femmes condamnées. Dans la nuit on passe entre les îles Ténériffe et Canaria. Le 26, on approche de Dakar et dans la nuit, un bateau espagnol a failli être abordé. Les prisonniers dansent sur le pont et tentent d'inviter les condamnées, mais les sœurs offusquées s'y opposent. En longeant le Sahara, la machine est remise en marche malgré la brise. Le major fait mélanger du tafia additionné de vinaigre et de cassonade à l'eau distillée. Les déportés essayent de pêcher des bonites au moyen de lignes improvisées. Le 30 janvier on est en vue de Saint-Louis du Sénégal et l'on procède au grand nettoyage. Les artilleurs sortent leurs uniformes en vue de la descente à terre et, à 10h30, on hisse le pavillon faisant appel au pilote.
L'Orne est maintenant ancré en face de Dakar, à l'île de Gorée. Les premiers marchands sénégalais s'installent à bord, vendant les produits les plus variés. Les achats se font par l'intermédiaire du commissaire. Les prisonniers, qui peuvent voir tout près d'eux les habitants et les dromadaires qui déambulent nonchalamment, jettent des biscuits aux indigènes. Le commissaire fait embarquer une chèvre et son biquet, afin de procurer du lait aux enfants pendant la traversée, et des buffles sont embarqués pour améliorer l'ordinaire avec leur viande. Le gardien-chef, ivre mort, est arrêté par une patrouille sénégalaise. Furieux, et pour se venger, les gardiens procèdent à des appels, contre-appels et profèrent des menaces envers les déportés.
Le 5 février on hisse les canots et, par une légère brise, à 12h30, l'Orne quitte le mouillage de Gorée. Le gardien qui avait attrapé la gale s'est mis en tête de faire un appel par numéro matricule, ce qui provoque des protestations de la part des déportés. Un nommé Millot est mis "aux fers" et 60 prisonniers sont rationnés en vin. Le navire marche maintenant à la voile et le 9 février il met cap au sud et se trouve proche de l'équateur à midi. Les femmes continuent à faire parler d'elles avec leurs petits mots doux. Le navire met la machine en route, ce qui occasionne une température de 50° dans les batteries dont les sabords sont fermés. Le commandant devient de plus en plus tatillon, certainement à cause de l'aumônier. Les poulets embarqués pour la nourriture meurent de soif, et c'est un déporté, marchand de volailles de son état, qui vient les secourir.
Le 11 février la batterie basse a droit à deux promenades, car on entend des gémissements et des plaintes, dus à la chaleur qui devient insupportable. A 21h00 la ligne de l'Equateur est passée et un homme a été placé à la "barre de justice". Le 17, on se rapproche des côtes du Brésil, ce qui redonne un peu d'espoir parmi les prisonniers. Les surveillants ont interdit de fumer dans les "poulaines" (les WC du navire), et les religieuses refusent toujours l'autorisation de danser aux condamnées. La mer est agitée et toutes les voiles sont retirées. La femme d'un gendarme a été surprise dans les cuisines en train de se préparer des "petits plats". Le 19, les religieuses ont de grosses difficultés avec les condamnées, et le commandant décide de punir les récalcitrantes en les consignant dans leur cage. Le 20 la mer se calme, mais il y a beaucoup de malades, la nourriture étant mauvaise et les cuisines mal entretenues, et les gardiens ont un nouvel accrochage avec les condamnées. Mais cela ne perturbe pas pour autant l'état-major qui déguste du champagne et savoure de la caille au lard. Le 21, le navire est à hauteur de Pernambouc (Recife) au Brésil, mais il n'y a plus de vent et il faut marcher à la vapeur, ce qui provoque une chaleur terrible. Certains prétendent qu'il y aura une escale au Brésil pour "charbonner", mais l'Orne vire de bord et prend la direction du cap de Bonne-Espérance, sautant l'escale de Santa-Catarina. Cette décision, résultant de directives confidentielles reçues à Dakar par le commandant sera lourde de conséquences. Le 23, alors que l'on navigue à la voile depuis la veille, un jeune déporté enfermé dans les cachots, suite aux éternelles histoires avec des femmes, se plaint de son état de santé lors de la visite du commandant, qui lui dit en s'en allant : 23ans, c'est l'âge des passions !
Le 24 février, bien que l'on se trouve dans l'été austral et que les jours rallongent, les sabords sont fermés à 18h00, selon le règlement ! Humidité et chaleur sont devenu le lot quotidien des prisonniers. De plus, les dalots (trous percés dans le pavois d'un navire qui permet l'évacuation de l'eau embarquée sur le pont par un paquet de mer) étant bouchés, l'eau puante remonte sur les planchers. Des parasites se mettent dans les vêtements. Il y a en permanence un homme au cachot et quatre "aux fers", et un nommé Sydo, italien d'origine, est devenu fou. Le 26, à peu près à mi-chemin entre le Brésil et l'Afrique du Sud, à hauteur du cap de Bonne-Espérance, le temps devient froid et tout le monde se précipite sur ses vêtements de laine. Les matelots sont à la vigie pour guetter les bancs de glace. La nourriture est infecte et l'eau imbuvable. Des sentinelles sont placées devant le quartier des femmes mariées, et même les maris ne peuvent approcher, mais les plus dégourdis profitent du tas de foin qui se trouve sur le pont. Le 28 février on aperçoit une bande d'oiseaux, mais il ne reste à bord que sept poules. Il n'y a pas grand-chose à manger à l'infirmerie, mais la table du commandant et celle des officiers ne manquent de rien. Une fois de plus les femmes des gardiens provoquent un scandale, l'une d'entre elles s'étant fait surprendre avec un maître, ce qui a rendu le mari furieux. Le soir, tous les prisonniers disponibles sont obligés d'être présents lorsque la prière est dite, y compris les juifs et les musulmans, conformément à un décret impérial ! La fille condamnée est toujours au cachot et les déportés amaigris flottent dans leurs vêtements. Trois cas de scorbut se sont même déclarés.
Le 2 mars, le froid est si intense que les déportés ont le nez rouge et les mains bleues. Ils sont cependant toujours aussi mal nourris et restent prostrés dans leur cage où l'espace vital n'est que d'un mètre carré par personne. La discipline se resserre et les officiers sont très exigeants sur la propreté. Trois nouveaux cas de scorbut se déclarent, alors qu'un "souffleur" (baleine dont l'expiration provoque un jet hors de l'eau) accompagne le navire. Le lendemain, l'île de Tristan Da Cunha est en vue. A l'aube le pont est lavé à l'eau froide et une passagère est en prise à une crise de nerfs, hurlant dans le vent. Le 4, quatre femmes sont descendues au cachot, encore suite à une affaire de jalousie : Celle ayant déjà été enfermée une première fois aurait bénéficié "d'attentions particulières" de la part des gardiens. Il pleut toujours et il y a même de l'orage. le médecin visite les déportés et examine leurs gencives et leurs mollets. Certains parlent de suicide et une fillette de cinq ans est morte. Le 8 mars, tout comme les jours précédents, les vents ne sont pas favorables. Les déportés trouvent des vers dans leurs biscuits
et les conserves dégagent une odeur nauséabonde. La ration de pain est tombée à 350 grammes par jour. Des bruits circulent sur une possible escale au Cap. Le commandant veut absolument que les murailles du navire soient peintes à la chaux, malgré l'humidité, ce qui provoque des incidents avec les prisonniers réquisitionnés pour ce travail. Les récalcitrants sont une fois de plus mis "aux fers" ou au cachot. Une demande de punition de la part d'un gardien envers un déporté mérite d'être signalée : pour avoir poussé son escouade à la haine et au mépris du lard, avec préméditation ! Fort heureusement, cette demande est rejetée...
Le 12 mars l'Orne passe le cap de Bonne-Espérance. La longueur du voyage rend les gens nerveux et, lors de la distribution d'eau, les matelots provoquent les prisonniers. Une inspection de la cloison séparant les détenues, par la religieuse responsable de la surveillance des condamnées et par l'officier de détail est effectuée, la religieuse supputant quelque mauvais coups de la part des prisonnières qui pourraient porter atteinte à la morale ! Le 14, alors que le navire remonte au nord depuis la veille, 21 détenus qui provenaient du fort de Quélern et qui logent dans les batteries basses sont atteints par le scorbut. Un matelot est décédé, faute de soins car il avait brutalisé un officier-marinier au cours d'une manœuvre. Il n'y a plus de fourrage pour les bœufs, et la ration du jour est composée de deux sardines et de biscuits infestés de vers, sans compter l'eau qui est couleur brun foncé. Le 16, le vent est complètement tombé, les rochers sont à fleur d'eau, d'où l'installation d'une vigie à l'avant bien que, compte tenu de la faible vitesse, le risque ne soit pas très grand et, dans la matinée, le vent se lève. Malgré les risques encourus, les correspondances clandestines continuent. Même les passagères libres font parler d'elles car ceux qui obtiennent "les faveurs" de ces dames se vantent, ce qui occasionne médisances et jalousies. Les malades atteints du scorbut ont droit à une ration de viande. Les commis "tripotent" sur les vivres et le navire est encore "en panne" toute la nuit faute de vent.
Le 18 mars, c'est l'anniversaire de l'insurrection et les déportés se sont endimanchés et chantent la Marseillaise et le chant des exilés, dans l'indifférence de l'état-major. Le nombre de malades augmente toujours, les caisses médicales étant restées à Brest, oubliées dans la hâte du départ. Le commandant refuse le quart supplémentaire pour les malades, malgré les demandes répétées du médecin-major et de ses aides. Les femmes sont mises en isolement et il est même interdit de passer devant les grilles de leur cage. Quant aux passagères libres, elles se lancent des injures.
Le 20, on abat un bœuf de la réserve (le dernier mourra plus tard d'épuisement). Un courant d'air inopportun soulevant un rideau met dans une position inconfortable un aide-major qui "s'entretenait" avec une des condamnées assurant les fonctions d'infirmière. Le navire a cependant perdu vingt jours par manque de vent. le 24, il y a "mer d'huile" (comme la surface calme d'un lac) et toujours pas le moindre vent. On n'utilise les feux uniquement pour le bouilleur et les pompes, et l'allègement du bateau provoque un roulis désagréable qui fait se promener les objets dans tous les sens et transforme le plancher en patinoire. Le 26, une nouvelle femme est punie de huit jours de cachot, pour une histoire de trafic de vin avec un matelot. Le nombre de malades du scorbut est maintenant d'une centaine. Suite à des plaintes des déportés, le surveillant général est mis à pied pour dettes et "tripotages".  Il y a un énorme gâchis : les vivres non consommés, qui auraient fait le bonheur et auraient été utiles aux soins des malades, pommes de terre et oignons, sont jetés à la mer !
Le 27 mars, l'île Saint-Paul (île française inhabitée de 14 km², située dans l'Océan Indien, au sud de la Nouvelle-Amsterdam) est en vue, et le navire marche bien. A l'aube du 28, c'est le calme plat. Une nouvelle histoire de condamnées éclate : la porte du cachot vient d'être renforcée, et certains se seraient donné du bon temps. Le 29, Adèle Rogissart est mise au cachot suite à une altercation avec le commandant, rejointe par deux autres, expédiées par les religieuses. Le "Roméo" de la veille, qui vient de se faire pincer est descendu à fond de cale, où il restera jusqu'à l'arrivée en Nouvelle-Calédonie. Le 31 mars, il a fait froid pendant la nuit précédente et les sabords sont fermés. Après avoir reculé et perdu 1°, l'Orne reprend sa marche à bonne allure, mais le vent tombe une nouvelle fois dans la journée.
Le 1er avril, une rixe éclate entre deux gardiens à propos... d'une femme ! Tout a volé, vaisselle, bidons, et le sang a même coulé. Le lendemain, le commandant accorde aux gardiens l'amnistie, mais les déportés enfermés au cachot n'en font pas partie. Le 3 le vent est favorable, deux femmes descendent au cachot et le scorbut fait de nouveaux ravages. Les déportés de Saint-Martin-de-Ré sont maintenant touchés. Ceux qui se portent le mieux réconfortent les autres, les plus forts aident les plus faibles et il n'y a, pour le moment aucun mort à déplorer. Des cachalots suivent le navire et les marins ne prennent plus aucune initiative sans un ordre des officiers. Le remède miracle et peu coûteux est le bâton de réglisse. Le 5 la situation à bord devient grave, car il y plus de 150 malades, et on est encore loin de l'Australie. Le dernier porc a été abattu, par contre le commandant possède toujours dix poulets.
Le 7 avril, l'Orne se trouvant au sud du cap Leuwin, les gardiens deviennent nerveux. La veille l'un deux a bousculé un paralysé qui se trouvait sur son passage et a voulu le mettre au cachot, punition heureusement refusée ! La nuit a été affreuse, personne n'ayant pu dormir, à cause de la pluie et du vent. Un premier déporté, Jean Romain, né le 21 octobre 1822 à Fontaines, en Dordogne, est mort dans la journée. C'était un ancien zouave qui avait effectué 12 années de service qui, bien que malade, était resté dans sa batterie faute de place à l'infirmerie. Les déportés sont toujours à la demi-ration de pain et aux "biscuits aux vers". Le 8 avril, la brise n'est pas bonne et le navire n'avance presque pas. Jean Romain a été immergé à 5h30, en présence de l'aumônier, présence qui a été imposée. La maistrance s'en prend maintenant aux déportés, dont maître Bon, le capitaine d'armes chargé de la sécurité et de l'ordre à bord, qui houspille tous ceux qui l'approchent. La machine est toujours arrêtée, officiellement pour économiser le charbon, mais on suppose de "petits profits" en vue. 210 malades gisent un peu partout. La machine est remise en route, mais dans la soirée, on reprend la voile. Des rumeurs de complot à bord circulent.
Le 10 avril le navire se trouve au sud de l'Australie, et avance à petite vitesse par beau temps et mer calme. Les malades sont pâles. Ils ont les jambes noires, tuméfiées et indurées (ce dit d'un tissu qui devient épais et dur), ne pouvant plus faire un seul mouvement. Ils sont installés sur des matelas posés sur le pont en plein soleil. Deux femmes sont encore mises au cachot et une passagère libre a été surprise dans la cale au charbon avec un matelot. A partir du 12, le commandant demande 40 hommes par jour pour pomper les cales, le navire étant vieux et "faisant de l'eau". On navigue toujours à la voile et pendant la nuit, un bon vent de sud-ouest s'est levé, permettant une bonne marche. Il fait un peu plus chaud car on remonte maintenant vers le nord. Dans la journée le vent tombe et à 20h00, la machine est mise en route pour prendre le relai des voiles. Les hamacs sont pourris et un homme s'est blessé en tombant. Le 13 le bruit du complot ressurgit et des cartouches sont distribuées aux artilleurs. Les déportés sont enfermés et le capitaine d'armes est aux abois, bien que l'on puisse se demander comment cette masse de malade aurait la force d'agresser l'équipage. La machine est en panne car un mécanicien avait oublié de changer l'eau de la chaudière ! Bien que le navire "tire des bordées", la vitesse est faible.
Le 14 avril une jeune fille enfermée au cachot, et qui aurait été condamnée pour une affaire d'avortement, commence à devenir folle. Le navire a encore reculé et il y a 320 malades : 41 de Saint-Martin-de-Ré, 231 de Quélern, 6 d'Oléron, 2 artilleurs et 40 marins. Sur les 180 déportés de la batterie basse tribord, seuls 24 sont encore valides et prodiguent des soins aux autres. Les médecins sont inquiets car ils n'ont pas de médicaments. Ils demandent au commandant de faire escale en Australie mais celui-ci refuse, invoquant l'ordre formel qu'il a reçu à Dakar de rallier directement Nouméa. Dans la nuit du 14 au 15, le navire est encore en panne, faute de vent et, à 7h00, la machine est remise en route. Une distribution de tafia est effectuée. Un passager, en pleine crise de delirium tremens, gifle deux officiers et le commissaire, et on lui passe la camisole de force. Un malade expirant est amené à l'infirmerie. Deux déportés se portent  volontaires pour laver le linge des malades, ce qui n'est pas du luxe ! Achille Ballière, qui espère une escale en Australie, projette de faire des confidences aux journalistes australiens, afin de faire connaître en Europe le sort réservé aux déportés.
Le 17 avril en soirée, le commandant Vignancourt, en raison de ses responsabilités de chef de bord, et vu la gravité de la situation, prend la décision de faire relâche à Melbourne. Il y a en effet 413 malades à bord ! Et si le navire ne fait pas escale rapidement, il court à la catastrophe. Cette épidémie de scorbut sur l'Orne aura d'ailleurs pour conséquence la signature, le 23 juillet 1873, d'un accord entre le consul de France à Rio et un négociant de Santa-Catarina pour l'approvisionnement des navires en oranges et légumes frais. L'Australie n'est pas très loin et les déportés ont organisé un tour de garde pour guetter la terre.  A 11h00, le déporté Burgand est mort et est immergé sans que l'aumônier soit présent, selon les dernières volontés du défunt. Il était né le 25 octobre 1852 à Courancan, dans le Gers, et ce jeune homme, enfant naturel et orphelin avait connu la maison de correction. Les officiers décident d'abandonner cent œufs au profit de l'infirmerie, mais les médecins sont à bout de force.
Le 18 avril, la vigie annonce que la terre est en vue, et le pilote, accompagné des officiers du contrôle sanitaire, se présente à bord. Le scorbut n'étant pas considéré comme une maladie contagieuse près des côtes, l'Orne n'est pas placé en quarantaine. Des petits bateaux, de plus en plus nombreux commencent à tourner autour du navire, les australiens voulant par curiosité voir les Communards. Depuis le matin que le bateau fait escale à Melbourne, des fruits et légumes frais sont embarqués, et quelques visiteurs sont autorisés à monter à bord, mais des sentinelles armées montent la garde sur le pont. Par les sabords ouverts, les prisonniers peuvent voir la ville et discuter avec les journalistes. Les gens qui se trouvent à bord des barques incitent les prisonniers à sauter, s'échapper en se jetant à la mer, leur disant come here in our skiff ! Mais les déportés ne peuvent le faire à cause des grilles. Il leur faudrait pour cela monter sur le pont où veillent les sentinelles. Quelques australiennes qui ont eu la permission de circuler dans les batteries en repartent attendries quant au sort réservé aux prisonniers. Un déporté, Michel Serigné, qui avait réussi à se faire employer aux cuisines, profite du va-et-vient pour fausser compagnie à ses geôliers et disparaître. C'était un ancien marin, né à Narbonne le 17 février 1839, ayant servi dix ans dans la Marine, et qui était canonnier sur la Claymore pendant la Commune. Il sera caché par un exilé de 1852 dans les greniers du consulat de France ! Cet épisode provoque la fureur du commandant Vignancourt, qui fait une demande de recherches à la police australienne, mais le dossier du condamné présenté aux autorités ne leur paraît pas bien convaincant, l'intéressé n'étant ni un assassin, ni un incendiaire et le convict (détenu) ne sera pas rendu.
Le 23 avril au matin, après avoir embarqué 6 bœufs, 17 moutons et plusieurs cages de poules, l'Orne lève l'ancre et change de mouillage. Le commandant a en effet appris qu'une collecte organisée par les habitants de Melbourne au profit des déportés, avait rapporté 40 000 francs, et qu'ils se disposaient à leur offrir des vêtements et des vivres. L'ordre est donné aux sentinelles de repousser les barques qui s'approcheraient un peu trop près du navire. Le 24 l'Orne lève l'ancre à 10h00 et quitte Melbourne. Dans la soirée, afin de "reprendre la main", les gardiens procèdent à un appel des déportés. Le 25, jour maigre car on est vendredi, seuls un morceau de fromage et du pain australien sont distribués. Une condamnée a tenté de se suicider et un déporté chute dans la cale, souffrant de lésions internes. L'état des malades est en nette amélioration, mais ils ne sont pas encore guéris, et une femme enfermée dans le cachot est atteinte d'une fluxion de poitrine. Le navire s'éloigne de l'Australie.
Cette escale de 6 jours permit à l'Australie, et au monde anglo-saxon de faire connaissance avec les communards, et d'avoir des informations originales et indédites sur les conditions de vis à bord des prisonniers mais auusi sur la Commune et ses suites. Des lettres de déportés furent en effet publiées dans la presse locale, sans compter le témoignage de l'évadé Michel Serigné. Autre avantage de la relâche de Melbourne, la consommation de légumes et fruits frais eut un effet bénéfique sur les malades.
Le 28 avril, alors que le navire vogue vers Nouméa (itinéraire de Melbourne à Nouméa en pointillé), des cris éclatent et des bruits de lutte se font entendre dans la cage des femmes. Des condamnées sont en effet aux prises avec les religieuses qui font appel à la garde, et quatre "bagnardes" sont envoyées au cachot, menottes aux poignets. Un bruit court que la destination de ce convoi de déporté serait l'île Maré, dans l'archipel des Loyautés. Pour la troisième fois une voile se déchire, et une condamnée est remontée inanimée de la cale, et admise à l'infirmerie. Le 1er mai, alors que Ballière prétend que l'on a largement dépassé la latitude de la Nouvelle-Calédonie, alors que la position relevée à midi est 31° 14' sud et 164° 58' est, on pompe toujours dans les cales. Un homme est tombé de son hamac et  souffre d'une fracture de l'épaule. L'aumônier, désireux de rendre une visite aux condamnées, est mal reçu par celles-ci. Le 3 mai, les déportés apprennent que les lettres remises à l'escale de Melbourne ont été ouvertes par le commandant, et que certaines ont été détruites. Pendant la nuit, le navire était passé au large de l'île de Norfolk.
Le 4 mai 1873 à 15h00, la vigie annonce terre en vue ! Le navire s'engage dans la passe de Boulari et les déportés peuvent apercevoir le phare de l'île Amédée. Le commandant, confiant la manœuvre à son second, se retire dans sa cabine. A 16h00, le pilote arrive à bord d'un canot arborant le pavillon jaune, pavillon annonçant le Service de Santé. Le Rhin, qui effectuait un transport de forçats pour le bagne de Nouméa était arrivé peu avant l'Orne. Le 5 mai les embarcations sont mises à la mer et le débarquement commence. Les artilleurs et leur capitaine, ainsi qu'une religieuse et les passagers libres quittent le bord, de même que des matelots mutés sur l'Atlante. Un canot monté par des forçats amène un gendarme et sa femme, ce qui permet aux déportés d'avoir les premières nouvelles de leurs camarades qui ont été condamnés au bagne.
Le 6 mai, les condamnés à la déportation en enceinte fortifiée gagnent à pied la presqu'île de Ducos, à quelques centaines de mètres du débarcadère. Trois condamnées sont évacuées en raison de leur état de santé et à 9H00, l'Orne lève l'ancre pour venir se positionner à côté de l'Atlante et du Rhin. Le 7 mai les 21 condamnées restant encore à bord sont débarquées.
Le 9 mai le navire se dirige sur l'île des Pins, où, le 10, il débarque 211 déportés, 132 le 11, et 109 le 12.  Le 13 mai, les déportés Jules Evariste et Duboc, destinés à la presqu'île de Ducos sont embarqués, ainsi que Pierre Gallion, arrivé à bord de la Guerrière et classé comme "rapatriable". L'Orne prend ensuite la direction de la baie de Prony, avant d'être de nouveau en escale à Nouméa du 17 mai au 7 juin.
Pour le voyage du retour, 45 prisonniers canaques qui se rendent à l'île des Pins sont embarqués. Sont aussi embarqués 71 condamnés aux travaux forcés originaires des territoires cédés à l'Allemagne (Alsace et Lorraine), et ayant opté pour la nationalité allemande, un condamné à la réclusion, et sept forçats militaires libérés. Tous ces prisonniers seront débarqués à Brest le 13 septembre 1873, après que l'Orne ait relâché à l'île des Pins le 8 juin, puis à Sainte-Hélène via le Cap Horn le 9 août, et l'entrée en rade de Brest s'effectue le 11 septembre. Ce voyage dura donc 95 jours, y compris l'escale d'une journée à Sainte-Hélène. La Marine est assez fière de cette "performance" pour en faire un certain éloge dans la Revue Maritime et Coloniale. L'orne reste à Brest jusqu'au 16 septembre, jour où il se met à quai en attente de son désarmement le 24 septembre 1873.

l'Orne

Dossier CAOM 

Le dossier de l'Orne conservé au Centre des Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence (13) contenait 32  pièces différentes non classées par ordre de date ou autre: 

1- Dépêche confirmant la relâche de l'Orne à Melbourne (page 1, page 2),

2- Rapport sur l'état sanitaire des déportés embarqués sur le transport l'Orne arrivé en rade de Nouméa le 4 mai 1873 (page 1, page 2),

3- Note au Gouvernement du 20 mai 1873 en rade de Nouméa, rapport demandé conformément au règlement ministériel du 20 mars 1872 (page 1, page 2, page 3, page 4),

4- Copie d'un rapport sur l'état sanitaire des déportés de l'Orne (page 1, page 2, page 3, page 4),

5- Avis de l'arrivée de l'Orne du 22 mai 1873, envoi du rapport du commandant et du médecin (page 1, page 2, page 3),

6- Extrait du rapport du commandant de l'Orne du 20 mai 1873 (page 1 ),

7- Lettre du Ministre au Gouverneur de la Nouvelle-Calédonie du 13 août 1873 (page 1),

8- Lettre du Ministre de la Marine au Gouverneur de la Nouvelle-Calédonie du 18 mars 1873  (page 1),

9- Dépêche concernant l'entrée en armement de l'Orne à Rochefort (page 1 ),

10- Dépôt de déportés de Saint-Martin-de-Ré, Liste des condamnés à la déportation mis à la disposition de l'autorité maritime et reconnus aptes à être dirigés sur la Nouvelle-Calédonie (page 1, page 2, page 3, page 4, page 5, page 6, page 7, page 8),

11- Dépôt de déportés de Saint-Martin-de-Ré, Liste des condamnés à la déportation mis à la disposition de l'autorité maritime et reconnus incapables d'être dirigés sur la Nouvelle-Calédonie (page 1),

12- Note concernant une dépêche du 18 mars 1873 annonçant le départ de l'Orne (page1),

13- Dépêche télégraphique du 8 janvier 1873 à 16h15, du Préfet Maritime au Ministre de la Marine (page1),

14- Dépêche télégraphique du 8 janvier 1873 à 12h20, du Préfet Maritime au Ministre de la Marine (page 1),

15- Note pour la Direction des Colonies du 18 septembre 1872 (page 1, page 2),

16- Extrait du journal du Havre du  4 mars 1873 (page 1),

17- Copie d'un rapport sur l'état sanitaire des déportés embarqués sur le transport l'Orne, arrivé en rade de Nouméa le 4 mai 1873 (page 1, page 2),

18- Envoi de la liste des déportés de l'Orne et de 3 dossiers de décédés ou évadés (page 1),

19- Note sur la transportation à la Nouvelle-Calédonie d'un certain nombre de femmes détenues dans la Maison Centrale du 30 novembre 1872 (page 1),

20- Note pour la Direction des Colonies du 29 novembre 1872 (page 1),

21- Note pour Cabinet du Ministre de la Marine du 29 novembre 1872 (page 1),

22- Lettre du Ministre de la Marine au Ministre de l'Intérieur du 29 novembre 1872 (page 1, page 2),

23- Lettre du Ministre de la Marine au Ministre de l'Intérieur du 22 novembre 1872 (page 1, page 2),

24- Dépêche télégraphique du 2 janvier 1873, du Préfet Maritime au Ministre de la Marine (page 1),

25- Dépêche télégraphique du 11 janvier 1873, du Préfet Maritime au Ministre de la Marine  (page 1),

26- Note sur l'état de santé des femmes devant être embarquées sur l'Orne (page 1, page 2),

27- Envoi de la liste des déportés à embarquer sur l'Orne du 12 janvier 1873 (page 1, page 2),

28- Rapport sur les passagers de l'Orne, liste de ceux embarqués et de ceux qui ne se sont pas présentés, du 31 décembre 1872 (page 1, page 2),

29- Rapport sur les déportés embarqués sur l'Orne, dispositions prises, du 29 décembre 1872 (page 1, page 2),

30- Article du journal Courrier du havre n° 11004 du 14 mars 1873, article d'Etienne Mouttet Comment sont traités les condamnés communards (page1, page 2),

31- A noter une pièce concernant l'absence de matelas ou hamacs de 412 déportés de l'Orne qui se trouvait dans le dossier de la Sibylle/Alceste à voir en pièce numéro 12 dudit dossier (lien vers la page).

Liste des condamnés à la déportation en enceinte fortifiée : Jean Joseph ALTERO, Georges Léon ARNOLD, Léon Henri BAGET dit Raymond Jules, Nicolas BAILLE, Pierre François Constant BAPTIZET, Pierre Jean Louis BERTIER, Alexandre BERTRAND, Léon BEURNE, Alexandre BOET dit Alphonse, Jean-Baptiste CARBILLET, Auguste CAUVIGNY, Joseph CAYOL, Théodore CHALBERT, Auguste Charles CHAPALLAIN, Pierre Alexandre CHAPLEUR, Eugène CHAUME, Arsène Marie Gastien (ou Gaston) CHEMIN, Jean Jacob CHRISTOPHEL, Louis Gabriel CODOUL, Octave Bélony (ou Bénoni) COMPAGNON, Charles Philippe COURTY, Ernest COUSIN, Léon COUTABLE, Charles Julien Arthur COVILLE, Pierre Adrien DALAINE, Louis Charles DELIVET, Alphonse DELOFFRE, Louis DELTOMBE dit Le Constituant Manqué, Jean-Baptiste Rhétice DESVIGNE, Charles Jules DEVAELE (ou DEWAETE), Joseph Célestin DOBLER, Jean (ou Jules) DROUHAINT, Augustin Charles DUMONT, Louis Marie Césaire Bénoni DUMONTET, Joseph Eugène FINOT, François Aimable FOUGERET, Jacques GACHE (ou GACHES), Thomas Jacques GANET, Charles Etienne GILLARD, Jean Charles GRENET, François GRUDE, Jean-Louis Théophile GUIBERT, André Denis GUILLAUMOND, Jean-Baptiste GUYOT, Jean HAECKELY, Michel Joseph HEBERT, Alphonse Désiré HOUDIN, Jacques Félix César ICHES (ou ISCHES), Eugène Aristide JACOB, Henri Philippe Hippolyte JEANCELLES, Jean Louis Pierre JUHERE, Arthur Jean-Baptiste LAMORLIERE, Edouard Gustave LANDRY, François LA PROVOTE, Emile Nicolas Auguste LEBRUN, Etienne Eugène LEPRINCE, Eugène Victor LOISEAU, François Augustin LUYCKFASSEL, Jean MACHETTI (ou MARCHETTI), Emile MAGNIEN, Pierre MAISON, Jules MANTOIS, Pierre Charles MARGUENAT, Alfred Ernest MEYER, Charles MELONI, Léopold Jean Marie Dominique MENEREUL, Pierre MOREAU, François MORIN, Charles Apollinaire PALAIS, Théodore Edouard PENY, Auguste POTHRON, Edmond PREAU DE VEDEL, Jean-Baptiste PRIANT, Auguste François RIVIERE, Albert Charles Eugène ROY, Alphonse Eugène TASSART, Pierre Antony (ou Antoine) TEXIER, Jérôme Louis THURIES, Louis Hippolyte VALIGRANE, Ferdinand VAN HAELE, Edouard VANIER, Louis Charles Philippe VERMANT, Jules François VINCENT, Paul Pierre WEISERGER, Jacques WEST.

Liste des condamnés à la déportation simple : Pierre Eugène AAB, Exupère Eugène François ADAM, Jean-Pierre ADIER, Louis Napoléon ALAMONE, Armand ALLAN, Charles Jean-Baptiste ALMANDET, Henzien "Jean-Pierre" ALTMEYER, Honoré ALVIN, Amynthe AMAND, Julien Eugène AMELIN, François Clair ANDRIEUX, Félix ANTONI, Jules ARGENTON, Cyprien Marius ARMAND, Jean-Gabriel Henri ASSELINE, Emile Ferdinand AUVRAY, Victor Jean-Baptiste BACHELET, Edmond Pierre BACHELOT, Edouard "Achille" BALLIERE, Eugène BARBIER, François Hippolyte BARBIER, François BARRIL, Maurice BARROIS, Paschal BASUYAU, Claude BAUGER (ou BEAUGER), François BAVRET, Alexandre BEAUMONT, Guillaume BELLY, Célestin Louis BEROT, Victor BERTHELOT, Jean-Victor BERTHO, Alexandre Gilbert BERTIN, Adolphe Joseph BERTRAND, David BERUJAT, Bernard Alphonse BETEILLE, Jules François BETHFORT, François BETTENFELD, Joseph Antoine Vincent BEZIAT (ou BEZIA), Fidèle Eloi BIAUSSE, Jean-Baptiste BICARDAT, Louis Ernest BICHERON, Joseph BIERNACKI (ou BIERNASKI), Joseph Michel BIRIBI, Charles BIZOT, Louis Jules BLANCHET, Jules (ou Julien) BLAQUES, Paul Lee BLOCHET, Henri Augustin Joseph BLONDEL, Louis BLUTEAU, Jean-Baptiste BODY, François BOGUET, Joseph Alexandre BOISSEAU, Jean BOLLON, Pierre Hubert BONNET, François Frédéric BONTEMPS, Léonard BORIE, Narcisse Henri BOUCHER, Constant Louis BOUDANT, Louis BOUDREY, Casimir Dominique BOUIS, Gervais BOUDINAT, Victor Désiré BOURY, François Armand BOUSSARD, Théodore Désiré BOUTROUE, Félix Marie Hippolyte BOUVIER, Emmanuel Louis BOUYER, Marcelin BRACQ, Paul Edouard BRASSE, Michel BRASSIER, Louis BREIT, David Léon BRES, Charles Antoine BRISSET, François BROUET, Victor BRUNEAU, Jean BURILLIER, Joseph Alexandre CAGNANT, Sylvain CAILLAUD, Frédéric CAILLE, Charles Pierre CAILLET, Emile Eugène CALLEMEAU, Jean-Jacques Augustin CANTREL, Pierre CARDINAUD, Alphonse Prosper CARIBEAUX, Emile CARLE, Pierre Mathurin CARPENTIER, Joseph Aimé CARRET, Eugène Etienne Joseph CARVAL, Jean Nicolas CAVANA, Jean-Baptiste CAYOL, Louis CESSOIS, Joseph CHABENET, Pierre Jean CHABROL, Auguste CHAFFIER, Gustave Eugène CHALANSONNET, Charles Louis CHAMPION, Joseph CHAPUIS, Charles Emile CHARLES, Louis Joseph CHARLON, Auguste CHARRIERE, Charles CHATEAU, Jules Désiré Eugène CHAUMET, Alfred Hubert CHAUTIERE, Jean François CHAVINIER, Pierre CHOPIN, Victor CLEMENT, Fabien Prosper Alexis CLEREMBEAUX, Léonard COMBEAU, François COMBY, François COMTE, Olivier CONNAN, Gaston Hippolyte CORBIERE, Alexandre Joseph CORROYEZ, Pierre CRETOLLIER, Isidore Aimé CREVEL, Constant Pierre DAIRE, Nicolas DALSTEIN, Alphonse DALTROFF, Joseph DARDON, Joseph DAUDON, Charles Eugène DAUTREVAUX, Emiland DAVID, Jean-François DAVIGNON, Victor DEGENES, François Célestin DEGONSE, Charles Robert DELAMARE, Aimé célestin DELERUE, Constant Louis Gustave DEMEULE, Armand Bernard DEPANMAECKER, Célestin Jean-Baptiste DESBARRES, Pierre Sylvestre Isidore DESBOIS dit DEVILLE, Louis Auguste DESHAYES, Théophile DESVEAUX, Gustave DEUZE, François Joseph Amédée DEVIC, Jean-Baptiste DHEILLY, Julien André DOLBEAU, Louis DORE, Ernest Gustave André DORMOY, Louis Julien DUBOC, Joseph Nicolas DUBOIS, François Denis (ou Henry) DUBUS, Florimons Joseph DUBUS, Alexandre Jules Achille DUCORPS, Jean-Louis Chrysostome DUCORPS, Louis DULPHY, Claude Isidore DUMAIN,  Jules Claude DUMONT, Pierre Eugène DUPONT, Alexis DUPREZ, François DURAND, Jean-Louis (ou Jean-Marie) DURAND, Ernest Henri DURANDIN, Jean EBERSTOFFLER, Modeste ELMONI, Ernest ESBILLE, Auguste ETIENNE, Jean FABRE, Pierre Hippolyte Fructueux FALLON, Emile FERET, Jean FERRACHAT, Modeste FEVE, Gaston François FILLET, Pierre Olivier FLAMANT, Pierre Henri FLAVION, François FLEURET, Frédéric Paul FORCE, Charles Louis FORIENT, Charles François FORTON, Constant FOUGEROLLE, Paul Victor FOURCROY, Eugène Frédéric FOURNY, Hippolyte Louis (ou Etienne) FOURRE, Jules FRANET, Gustave Charles Félix FREMONT, Hippolyte Louis FRETEL, Charles Joseph FREVAL, Julien Lucien GABRIEL, Etienne GALLEBRUN (ou GALLEBRUNE), François GALLOIS, Alexis GALLOIS, Auguste GAMORY, Auguste Alexandre GAPAROUX, Eugène GARNIER, Charles Victor GASC, Alexandre GAUDIER, Jean Désiré GAUTHERON, Henri Paul GELDEBOTH, Jean Théophile GENDROP, Jean-Baptiste GEORGES, Alexandre Antoine Marie GERARD dit Verdier  ou Robineau, Frédéric GERARD, Ambroise Alphonse GILBERT, Pierre GILLEN, Jean-Marie GILLES, Nicolas Victor GILLET, Charles Emilien GIROD, Stanislas GIROUARD, Frédéric Antoine GLISIERE (ou GLISIERES), Grégoire GOMERON, Arthur François GOSSEREZ, Jean-Jacques GOUDET, Alexandre GOUMY, Xavier Adrien GOUMONT, Louis GOVAERTS, Jean Charles Joseph GRANDJEAN, Joseph Louis Napoléon GREGET, Morand GRIENENBERGER, Adolphe GROSJEAN, Louis Théodore GROSNIER, Emile François GUELIN, Jean-Baptiste GUENOT dit Jules, Jean Frédéric Anatole GUERIN, Pierre Paul GUERIN, Augustin GUILLAIN, Jean GUILLING, Ludovic GUILLOCHET, Jacques GUILLON, Jean-Baptiste Alexandre GUINARD (ou GUIMARD), Alexis Louis GUIRAUD, Antoine GUIZARD, Joseph GUSSE, Michel HABIG, Charles HAGE, Amédée HAMEL, Louis Pierre HARDY, Adolphe Valère HAREL, Victor HELVY, Louis Léger HENTZLER, François Antoine Julien HERON dit Guerre à Outrance, Adolphe Pierre HEROUARD, Victor HELLUY, Auguste Pierre HIMET, Alphonse HOCQUET, Aloïse HOPP, Charles Joseph HUBERT, Louis HUET, Charles Sébastien HUMBERT, Jules Auguste IGNARD, Antoine JAMIN, Joseph JANOT, Louis Pierre JAUBOURG, Auguste Alexandre JOLLY, Charles Louis JOLLY, Prudent JOUANTIN, Ernest Auguste JOUIN, Alfred JOUVE, Jean-Baptiste JUNKER, Isidore KAYL (ou KAIL), Théodore KOESSLER, Etienne Pierre KOLSCH, Jean Etienne Auguste LACOSTE, Charles LAMBERT, Charles Joseph LAMBIN, François Alexandre LAMBOLEY, Théodule Fulgence LANCHON, Jean Pierre Saint-Val (?) LANGLOIS, Pierre Gustave LAPIROT, Edouard LAVEISSIERE, Henry LAVIALLE, Pierre Marie LE BOS, Henri Jean-Baptiste LECLERCQ, Pierre Léon LECOMTE, Charles Jean LECOURT, Charles Alphonse LECUIT-MONROY, François LEDE, Auguste (ou Louis Auguste) LEDRU, Joseph LEFEBVRE, Louis Marie LEFEBVRE (ou LEFEUVRE), Gustave Alexandre LEGENDRE, Charles LEGER, Louis Joseph LEMAIRE, Charles Aristide LEMAIRE, Etienne LEMAITRE, Charles Joseph LEMAITRE, Jules Anatole Edouard LEMARCHAND, Aimable Xavier Olivier LERAT, Louis Marie François LEROY, Louis LEROY, Joseph LEROY, Jean-Louis LESOULT dit Gardien, Paul Félix LESTAS, Jacques Georges LETEILLIER, Henri LHEUREUX, François LIANDRAT, Arthur Alexis Victor LIEBAERT, Joseph LIMASSET, Michel Allyre LIMOUSIN, Julien Maximilien LOMBARD, Ernest François André LONGAT, Philippe Charles LOPPIN, Anatole Gustave Alphonse LORION, Jean Marie LUPIN, Charles Marie LUZZANI, Louis Hyacinthe MABILLE, Charles Edouard MAIX, Victor Gustave MALETTE dit Auguste, Louis Germain Mathurin MALHERBE (ou MALHERBES), Henri MARCES, Constantin Auguste MARCQ, Léon Henri MAREL, François Pierre MARIA, Etienne MARTIN, Casimir MARTIN, Jean-Baptiste MARTINAUD, Paul Louis MASBOEUF, Martin MASSON, Joseph MATHIEU, Jean-Baptiste MELET, Stanislas MERCIER, Alphonse MEYER, Pierre MEYER, Florent Alcide Julien MIGNONNEAU dit Le Frisé, Pierre Jules MIGNOT, François MILLOT, Ignace MONTMAYEUR, Théodore Augustin MOREAU, François MORIN, Léopold François MORIN, Léon MORIS, Jean Frédéric MORSCHEL, Ernest MOUAZE, Virgile Ferdinand Julien MOURY-NOTA, Jules Etienne MOURET, Henri Alfred MUSIN, Adrien NARDIN, François NARJOLLET, Claude NASSOY, Jacques NESSY (ou NESY), Auguste NEYL, Jean NILL, Gustave ORBAN, Jules ORENGE, Jacques Pierre Isidore OYEAN (ou OYEAU), Théodore OZERE, Gabriel PAIN, André Léon PAPILLON, Louis Christophe PARRY, Nicolas Jules PATEY, Adolphe Jean-Pierre PAUTHIER, François PECQUERON, Joseph Prosper PEIGNIER, Jean François PELAPRAT, Pierre PENOT, Eugène Hilaire Jacques PERAULT, Ignace PERCE, François Antoine PEYRET, Edouard Paul PICOT, Hippolyte Jules PIEDNOIR, Ferdinand Adolph PIGANIOL, Victor Bernard PIGANIOL, Joseph PILLONNET, Jean-Joseph PLANE, Ernest Auguste POTEAU, Victor Alphonse PRILLARD, Aimé Félix PRIOLLET, François Louis PROTAT, Louis Adam PUFF, François QUERSIN, Claude Séraphin QUIVOGNE, Joseph RABANY, Jean RANDA, Joseph Alexandre RASSIN dit Scascighini, Paul Emile Barthélémy Philémon RASTOUL, Napoléon François RAULT, Guillaume Marie RAULT, Georges Frédéric RAUX, Pierre Louis REBOURG, Victor Jean Marie RECQ, Célestin Aimé Raphaël REGNIER, Gustave Jean REISCHLING (ou REICHLING), Jean Marie RENIER, Auguste RELU, Alexis RIEUTORD, Pierre RIVALLIER, Aristide ROBERT, Louis Anatole ROBERT, Lazare ROCHAS, Athanase Doré ROGER, Charles ROMANOWSKI, François Joseph ROMBAUT, Louis Zéphir ROUGET, Alexandre Joseph ROUSSEAU, Charles Emile ROUSSELET, Paul ROZES, Hippolyte Charles RUFFIC, Hippolyte SABIT, Balthazar SAIGNELIGNES, Christophe SAINT-LEON dit Fabre, Sylvain SAMUZEAU, Jean Antoine Auguste SAUREL, Jean SAVY, Jean SCHANEN, Pierre Jacques SCHMIT, Jean-Pierre SCHOLTES, Louis SCHREYER, Etienne SEBIN, Marcel Adolphe SENECHAL, François SILVESTRE, Philippe SIMON, Jules Antoine SIVADON, Emile Charles SOREL, Charles Alexandre SOULAS, Louis Adrien SOURCIN, Charles SUDRIE, Vincent Balthazar SUHNER, François Charles SUROSNE, Louis Auguste SYDO, Auguste TARTARY, Théodore Nicolas TATIN, Alexandre TAVERNIER, Louis Prosper TEXIER, Joseph Alexis THENY (ou TENY), Pierre THERON, Claude THEVENOT, Pierre THOLLOIS, Edouard Georges Louis THOMAS, Charles THOMAS, Louis THOMAS, Louis THOMAS, Michel TISSIER, Louis Désiré TOUCHARD, Emile Alphonse TRAHIT, Louis Isidore TRAMBLAY (ou TREMBLAY), Alphonse Emile TRAPPLER, Jacques TRAYAUD, Auguste Félix TRIBOULET, Edmond TRICOUT, Claude Philibert TRINQUET, François Eugène TURBAN, Jean Louis VACTER, Pierre Denis VAILLANT, Pierre Félix Emile VAISSIER, Pierre VALENTIN, Cyprien Ferdinand VALLEE, Joseph Constant VAMBREMPT, Charles VAN COTEN, Nicolas VAUBOURG, Jean VAUGELAD (ou VAUGELADE), Louis Augustin VERAX, Claude VETU, Jean-Claude VILLEMOT, Joseph Charles Albin VILLEVAL, Eugène Benjamin VION, Philippe Maurice VIRESSOLVEIX, Nicolas VOINCHET, Emile Henri WALKER, Henri Joseph WANDER, Hippolyte Antoine WERNER, Martial Denis WILLET, Ferdinand Olivier ZAPP.

Pour tout renseignement concernant ces prisonniers, vous pouvez me contacter (ici). Les photos des Communards utilisées dans cet article proviennent du site http://digital.library.northwestern.edu, avec l'aimable autorisation du webmestre du site pour leur utilisation ici. Les photos présentées correspondent en principe aux personnages, mais une erreur d'identification est toujours possible.


14ème convoi de déportés 

C'est sous les ordres du capitaine de frégate Reveillère que l'Orne quitte Brest le 1er juin 1875, avec à son bord des communards, qui venaient tous du "Dépôt spécial de Saint-Brieuc". Huit étaient condamnés à la déportation en enceinte fortifiée, et seize à la déportation simple. Le navire chargea ensuite 235 prisonniers provenant du dépôt de Saint-Martin-de-Ré, et destinés au bagne de l’île Nou, avant de quitter la rade des Trousses le 4 juin, en direction de la Nouvelle-Calédonie. Il arriva à Nouméa le 22 septembre 1875. L’Orne revient ensuite sur Brest, où il arrive le 1er février 1876.
Le "Pacha" de l’Orne aurait fait preuve d'une certaine bonté envers les communards qu’il transportait. En effet, le lendemain du retour du navire à Brest, le capitaine de frégate Reveillère est convoqué devant le préfet maritime Méquet, pour répondre du contenu de deux lettres d'un déporté qui avaient été retenues par la censure militaire à Nouméa… et envoyées au ministère de la Marine et des Colonies. Le ministre Montaignac de Chauvance, dans une lettre au préfet maritime, s’étonne de l’attention toute particulière que le commandant de l'Orne aurait prêtée aux déportés.
Louis Bourdon, puisque c'est de lui qu'il s'agit, condamné par le 4ème Conseil de Guerre à la déportation simple, avait été transféré en Nouvelle-Calédonie avec le 13ème convoi, sur le Var, parti de Brest le 1er mars 1875 et arrivé à Nouméa le 23 juillet après 140 jours de mer. Plus tard, il écrit à son beau-frère et à son père les deux lettres retenues. Dans la première, il écrit : Les nouveaux venus ne tarissent pas d’éloges sur le commandant et les officiers de l’Orne, pour la façon dont ils ont été traités à bord. Au passage de la Ligne, on leur a envoyé deux bouteilles de Château Margaux, deux de Saint-Émilion, deux de Champagne, une caisse de cent londrès, un kilo de tabac, double ration de vin, etc. On les a laissé fumer à discrétion et fait monter deux fois par jour sur le pont. Il y a loin de ces Messieurs à ceux du Var. Dans la seconde, il écrit : Ils ont été exemptés de ces mille et une vexations dont nous avons été abreuvés.
Louis Redon, aussi transféré sur le 13ème convoi et dont la peine avait été commuée en déportation simple, dans son journal les Galères de la République édité par Sylvie Clair (1990), apprend par ses camarades qu’ils ont été admirablement traités à bord de l’Orne,  croit devoir conserver […] les noms de l’état-major de ce navire, et nomme les lieutenants de vaisseau Piton et Périé en plus du commandant. Instituteur à l'île des Pins en 1875, il y mourra à l'hôpital le 6 avril 1876.
Il semblerait que les quelques petites douceurs dont ils se sont montrés reconnaissants, et que le commandant Réveillère reconnait avoir accordées du fait du petit nombre des déportés, leur isolement, leur état de maladie. Le médecin du bord signale d'ailleurs dans son rapport que les déportés étaient pour la plupart d’un âge assez avancé et tous plus ou moins anémiés. Il semblerait donc que ces faits ait été embellis, car racontés par un enthousiaste qui n’était pas sur les lieux. Le commandant précisait que sa sollicitude s'était également étendue sur les transportés, et qu’il devait « à tous, quelle que fût leur position à bord, toute la commisération compatible avec l’ordre du bord et la sûreté générale. Cette même sollicitude permit qu'aucun décès ne soit enregistré parmi les communards pendant le voyage.
Le commandant Réveillère regrette qu'après trente années de service pendant lesquelles il n’a eu que des félicitations de ses chefs, […] de voir mettre son honneur en doute sur la foi de quelques cancans de déportés !
Le rapport d’inspection ayant salué l’ordre et la tenue du navire, ainsi que la discipline et l’instruction de son équipage, les explications de Réveillère suffirent puisque le ministre ne donnât pas suite à cette affaire. Ensuite, la carrière du commandant se poursuivit sans heurts et Réveillère fut promu capitaine de vaisseau en 1881 et commandeur de la Légion d’honneur en 1886, pour terminer sa carrière contre-amiral et grand-officier de la Légion d'honneur.

Liste des condamnés à la déportation en enceinte fortifiée : Alfred BILLIORAY, Victor DELISLE, Eugène Marie Léon DUTURBURE, Hippolyte Léon Laurent GALLET, Emile GAUTIER, Alfred HUIN, Albert "Antoine" Joseph PANCOU-LAVIGNE, Louis-Victor ROUGE-CANAL.

Liste des condamnés à la déportation simple : Louis Alexandre BERTRAND, François Théodule BRECHOLLE (ou BRECHOTTE), Alexandre Xavier DACIER, Antoine Alexandre DAUVILLIERS, Ferdinand Arsène GAUDEFROY, Louis Alphonse JAMMET, Charles JOUASSIN, Jean-Pierre LAGARDE, Louis Florent LANDON, Alphonse Alexandre LEMAITRE, Emile Joseph MARCY, Benoît François Lucien (ou François Benoît Lucien) MASCAUX, Amédée Auguste PHILIPPE, Firmin Hilaire SALLEE, Jules Victor VAILLANT.

Pour tout renseignement concernant ces prisonniers, vous pouvez me contacter (ici). Les photos des Communards utilisées dans cet article proviennent du site http://digital.library.northwestern.edu, avec l'aimable autorisation du webmestre du site pour leur utilisation ici. Les photos présentées correspondent en principe aux personnages, mais une erreur d'identification est toujours possible.

Sources :

- Déportés et forçats de la Commune : de Belleville à Nouméa, par Roger Pérennès, Nantes, Ouest Editions, 1991.
- Site Internet http://dossiersmarine.free.fr:fs.html.
- Dossiers des navires au Centre des Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence, série H30.
- Revue Maritime et Coloniale, année 1873, tome 39.
- La relâche de l'Orne à Melbourne en avril 1873 : ce qu'elle nous apprend sur la Commune et sa répression, par Yannick Legeat, in Chronique d'Histoire Maritime, n° 77, décembre 2014.
- Bulletin des Ami(e)s de la Commune (n° 63, pp. 14-17), dans lequel a été publié un nouvel article sur l'Orne (envoi de Yannick Lageat).

Crédits photographiques :

- Déportés et forçats de la Commune : de Belleville à Nouméa, par Roger Pérennès, Nantes, Ouest Editions, 1991 pour la photo de l'itinéraire du navire.
- Site Internet http://dossiersmarine.free.fr:fs.html pour la photo de l'Orne.

- Numérisations archives par Bernard Guinard.
- Numérisation des routes du Rhin et de l'Orne envoyée par Jean-François Lonc.

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