Saint-Laurent-Royans


             La commune de Saint-Laurent-en-Royans est située dans le Vercors, près du cirque de Combe-Laval, et fait partie du canton de Saint-Jean-en-Royans et de l'arrondissement de Valence, dans le département de la Drôme.


Saint-laurent vue générale



--------Cette commune de 1274 habitants au recensement de 1999, est le berceau de ma famille, et le nom GUINARD y est encore représenté. On trouve d'ailleurs dans les registres paroissiaux de Saint-Laurent-en-Royans, à la date du 1er juin 1744, le baptême de la cloche (voir l'acte) que la communauté a fait refondre, et dont "les officiers ont été Sr Pierre Guinard et Marie Micoud son épouse lesquels ont contribué pour la refonte de lad cloche cinquante livres". Pierre GUINARD et Marie MICOUD sont mes ancêtres avec les numéros Sosa 256 et 257. Par cet acte, puisqu'ils sont les seuls habitants cités au côté des personnalités, on en déduit qu'ils furent parrain et marraine de cette cloche.
--------Saint-Laurent-en-Royans étend ses 2739 hectares de superficie, à 311 mètres d'altitude,  au pied de la montagne de l'Arp, dans la verdoyante vallée du Royans, entourée des montagnes du massif du Vercors, connu depuis la Seconde Guerre Mondiale comme haut lieu de la Résistance.
--------Le Royans fait partie de l'ancien pays des Vertacomicores, groupe faisant partie du peuple des Voconces. Selon certains auteurs, ce nom de Royans viendrait de Rudianus, divinité indigène de cette peuplade, découverte sur une inscription antique en 1820 sur les confins de la région. Le Royannais, comprenait en plus le canton de Saint-Jean-en-Royans, et la paroisse de Saint-Nazaire-en-Royans, et était partagé entre les diocèses de Die et de Valence. Le premier regroupait les paroisses situées sur la rive droite de la Lionne, c'est à dire Bouvante, Echevis, Léoncel, Sainte-Eulalie, Saint-Jean-en-Royans, Saint-Laurent-en-Royans, et Saint-Martin-le-Colonel, et qui furent comprises dans l'archiprêtré de Crest jusqu'au  XVIIème siècle, avant de former l'archiprêtré du Royannais et du Vercors avec l'actuel canton de La Chapelle-en-Vercors. Les paroisses situées sur la rive gauche de la Lionne, c'est à dire  La Motte-Fanjas, Oriol-en-Royans, Rochechinard, Saint-Nazaire-en-Royans et Saint-Thomas faisaient partie du diocèse de Valence et d'un archiprêtré du Royannais connu dès 1247. Notons qu'au Moyen Âge, le chemin n° 7, qui reliait Bourg-de-Péage à Grenoble par le Royans, s'appelait le chemin Royannais. Aux Xème et XIème siècles, le Royans constituait une sorte de principauté appartenant à la famille LAMBERT-FRANCOIS. Par la suite, les BERENGER possédaient encore, en 1788, Sainte-Eulalie et Saint-Laurent-en-Royans, qui faisant parties de leur marquisat du Pont-en-Royans. Les autres paroisses formaient le mandement de Saint-Nazaire-en-Royans, échu dès 1200 à Rambaud OSASICCA.
--------Le territoire de Saint-laurent est habité et cultivé dès l'époque romaine, avec la maison de Titus Sammius Tertiolus. Le Royans et le Vercors ayant été évangélisés par Saint Martin de Tours, l'église est rachetée par l'abbaye de Romans en 1086 et l'on trouve dans les documents le nom d'Ecclesia Sanctii Laurentii de pago Royano. Dès le XIVème siècle, la paroisse dépend d'une commanderie des Templiers de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, et l'on trouve le nom de Domus Sancti Laurencii in Royanis en 1313. Les Hospitaliers reprirent les biens des Templiers, et les noms cités dans les documents sont Preceptoria de Royano au  XIVème siècle et en 1662,  Ecclesia Sancti Laurentii in Royanis en 1449, Sainct Laurans en Rouyans en 1662, Saint Laurans en Roïans en 1789. Cette commune changea de nom en 1793 pour prendre celui de Montagne de Larps. Avant 1790, Saint-Laurent était  une communauté de l'élection et subdélégation de Valence et du bailliage de  Saint-Marcellin. Elle formait une paroisse du diocèse de Die. L'église était unie dès le début du VIIème siècle à celle de Saint-Vincent-de-Charpey, qui fut elle-même unie à celle de Valence, et dont le titulaire était collateur et décimateur dans le paroisse de Saint-laurent-en-Royans.
--------Sous la féodalité, Saint-Laurent faisait partie du marquisat du Pont-en-Royans, mais le commandeur y avait quelques droits seigneuriaux, qu'il tenait en fief des Dauphins. La communauté lauroyenne regroupait 134 chefs de famille en 1652.
--------Les chanoines de Romans, puis les Templiers et les Hospitaliers furent déterminant pour le destin de la paroisse de Saint-Laurent-en-Royans, puisque l'hôpital et la maison de la commanderie sont encore mentionnés dans des actes de 1495, 1503, 1539 et 1557. Il y a peu de documents concernant la période des guerres de Religion, mais l'on sait que dans le Royans eurent lieux des pillages et des massacres, et que l'église de Saint-laurent fut presque détruite par les protestants. Reconstruite, elle fut restaurée au début du XIXème siècle. Pendant la période révolutionnaire, "les habitants de Saint-Laurent continuaient  à aimer leur curé", et 7 volontaires quittèrent la commune en 1793 pour aller défendre la France. 
--------Depuis 1790, la commune de Saint-laurent-en-Royans, dont le nom définitif date de 1801, dépend administrativement du canton de Saint-jean-en-Royans, et de l'arrondissement de Valence. Les activités traditionnelles, encore bien vivantes, sont l'agriculture (élevage, noix de Grenoble), le travail du bois (tabletterie) et le textile (tissage). On appelle ses habitants les Lauroyens et Lauroyennes, et l'on y pratique encore la fête de Reinage, le troisième dimanche après Pâques.
--------On ne peut faire un article sur Saint-Laurent-en-Royans, sans évoquer une spécialité culinaire du Royans. Je ne veux pas parler des noix, mais plutôt des ravioles du Royans, qui sont des petites pâtes carrées et farcies au fromage et aux herbes. Leur origine est assez controversée, puisque d'aucuns disent que ce sont les travailleurs immigrés italiens dans le Royans qui ont amené auraient importé leur ravioli, l'adaptant aux produits du terroir. Cependant, des écrits de 1491 attesteraient  de l'origine locale de la "raviola", sans doute aliment du Carême, et dont  la tradition est restée surtout dans le Royans. Ces petites pâtes farcies étaient fabriquées autrefois dans les familles par les "ravioleuses" à l'occasion des repas de fête. Bien que depuis 1936, une machine en ait permis la production industrielle, les ravioles sont toujours fabriquées dans la région par des producteurs locaux.


A voir :
Pont des Chartreux : du 12ème siècle, sur le Cholet.
Pierre tombale gauloise en forme de cippe, trouvée dans le cimetière primitif (actuellement place de l'église).
Arboretum  (avec coin pique-nique, pour les amateurs) : le projet de ce site a été décide par l'équipe municipale, sous le mandat de Monsieur Béraldin, sur proposition de Madame Evelyne Tézier, enseignante à Saint-Laurent, qui en a suivi le projet de sa conception à sa réalisation. Les élèves du lycée horticole La Martinette de Romans, qui ont participé à ce projet, ont choisi des essences d'arbres naturellement présentes dans le Royans. L'Office national des forêts a apporté son aide aux employés communaux pour l'achat et la plantation des arbres. Ce site est malheureusement un peu à l'abandon (pancartes détériorées, non remplacement des arbres), mais reste d'un grand intérêt pour les écoles, et notamment l'école maternelle de Saint-Laurent, qui s'y rendent régulièrement (Source : Evelyne Tézier).
Font de Laval et résurgence du Cholet
Monastère orthodoxe St Antoine Le Grand : fondé en 1978, il présente une architecture et des fresques de style byzantin.

Sources :
- Dictionnaire topographique du département de la Drôme comprenant les noms de lieu anciens et modernes / publ. par ordre du ministre de l'instruction publique ; et sous la dir. du Comité des travaux historiques, par Justin Brun-Durand
, 1891.
- Histoire religieuse de Saint-laurent-en-Royans, par l'abbé L. Fillet, Valence, 1895.
- Registres paroissiaux de Saint-Laurent-en-Royans.
- http://www.histo.com/ouvrages2/2102-b.htm
- http://www.peoplefrom.com/26-drome.html
- http://www.vercors.com/villages/laurent.htm




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